"J'avais eu plus que mon compte d'expériences
mortifères, phénomène auquel on ne s'habitue pas.
Il semblait pourtant inévitable que j'affronte de nouveau la mort.
A croire que j'étais marquée du sceau de la catastrophe.
J'avais beau y avoir échappé à maintes reprises, elle ne
cessait de revenir à moi.
Pour autant, cette fois différait beaucoup des précédentes.
Il est possible de fuir celui que l'on craint, de lutter contre
celui que l'on hait. Je savais réagir face à ce genre de
tueurs - monstres et ennemis.
Lorsqu'on aime son assassin, on n'a plus le choix, cependant.
Car comment fuir et lutter si cela signifie blesser l'aimé ?
Si la vie est la seule chose à lui donner, comment la lui refuser ?
Quand on l'aime réellement ?""Malheureusement, la noirceur était telle que je n'arrivai à
discerner les visages ni de l'un ni de l'autre.
Rien ne semblait réel. S'accrocher en était d'autant plus compliqué.
Je repoussai le voile sombre, presque par réflexe. Je n'essayais
pas de le soulever. Je me contentais de résister. Je l'empêchais
de me broyer entièrement. Je n'étais pas Atlas, toutefois, et il
pesait aussi lourd qu'une planète.
L'histoire de mon existence, en quelque sorte.
Je n'avais jamais eu la force de gérer les choses qui
échappaient à mon contrôle, celle d'attaquer ou de fuir mes ennemis.
Celle d'éviter la douleur.
Faible humaine, je n'avais toujours su que continuer.
Endurer.
Survivre."
"- Tu saurais recommencer ?
- C'est difficile.
Il attendit, plein d'espoir.
- Je ne tiens pas du tout si l'on me distrait, l'avertis-je.
- Je serai sage, promit-il.
Je fis une moue dubitative. Réitérant mes gestes,
je repoussai derechef le bouclier, reprenant le fil de
mes souvenirs là où il s'était interrompu, celui clair
comme le cristal de notre première nuit de ma
nouvelle vie... m'attardant sur les détails.
Une fois encore, un baiser interrompit mes efforts, et je ris.
- Au diable ! gronda-t-il en embrassant le bas de mon visage.
- Nous avons largement le temps de travailler dessus, lui rappelai-je.
- L'éternité, toute l'éternité, rien que l'éternité ! renchérit-il.
- Exactement.
Alors, nous plongâmes avec enthousiasme dans ce pan,
ténu mais parfait, de notre éternité."
Fini.
Mon dieu, j'suis toute retournée.
Tout simplement magnifique.
Cette fin, putain !!
Parfaite.
Stephenie Meyer a le sens de la fin, elle.
Un truc sublime, cette dernière phrase.
Je l'ai relue 10 fois.
Merci.
Ca m'a transportée.
C'était unique.
Inespéré.
Comme un goût d'éternité...